AVIGNON OFF : Connaissez-vous Claude McKay ?
Kay ! Lettres à un poète disparu de Lamine Diagne. Théâtre des Halles. Jusqu’au 25 juillet à 21 h 30. Tél. : 04.32.76.24.51.
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Lamine Diagne et Matthieu Verdeil ont décidé d’anticiper la réponse à cette question que l’on peut légitimement se poser tant il semble bien que Claude McKay soit passé sous les radars de la simple reconnaissance en matière de poésie et de littérature, ce qui pourra sembler assez ahurissant pour peu que l’on jette un simple coup d’œil sur quelques vers du poète ou que l’on se renseigne à grands traits de son passage sur cette terre. Un passage de 1890, année de sa naissance à 1948, date de sa disparition, pour une vie où il sillonna et vécut dans de nombreux pays, de la Jamaïque où il est né aux Etats-Unis, l’Europe (et la France), le Maroc, l’Espagne et l’URSS, toujours sous le sceau d’un authentique combat politique. Si ainsi on le retrouve en Union soviétique en 1922, c’est pour assister au quatrième congrès de l’Internationale communiste, rencontrant par ailleurs Trotsky à maintes reprises… Il avait bien avant, dix ans plus tôt, émigré aux États-Unis, plongé dans Harlem et subi racisme et ségrégationnisme, etc. Ce ne sont là que de très lacunaires et schématiques points d’ancrages le concernant alors que ce qui relie tous ces épisodes c’est bien quand même toujours l’appel de la poésie et de la littérature (il a aussi, entre autres, écrit des romans).
Le paradoxe concernant la méconnaissance que nous pouvons avoir de son parcours et de son œuvre veut qu’un certain nombre de ses ouvrages ont pourtant été publiés en France et sont donc disponibles. Et l’on pourra rappeler qu’émissions de radio et même film documentaire le concernant existent. Ainsi d’ailleurs Matthieu Verdeil qui a conçu avec Lamine Diagne la proposition que l’on peut voir – que l’on doit voir au théâtre des Halles d’Avignon – a-t-il passé plus d’une quinzaine d’années à travailler à faire connaître Claude McKay, finissant par lui consacrer tout récemment un documentaire, Claude McKay, errance d’un poète révolté. Alors ? Sans doute les chemins ne sont-ils jamais tout fait clos pour mieux faire connaître ceux que l’on aime… C’est donc ce que Matthieu Verdeil et Lamine Diagne ont dû penser en se lançant ensemble dans la conception du spectacle écrit et joué par le second nommé. Spectacle étant d’ailleurs aux dires de l’intéressé lui-même un bien grand mot. Il le dit dès l’entame de la représentation, face au public, alors même qu’il a commencé à intervenir musicalement (Lamine Diagne joue de plusieurs types de flûtes et du saxophone). Ce sont là les premiers éléments, les premières notes d’un spectacle qui devrait se faire… une sorte de pré-spectacle à venir… Dans sa modestie et sa simplicité, c’est bouleversant, au moment où Lamine Diagne entame sa correspondance, ses lettres avec le poète disparu, abolissant ainsi la distance temporelle qui les sépare. Avant que la musique, avec la complicité de Wim Welker à la guitare et de Cédric Bec à la batterie et au sampler ne viennent s’en mêler pour un juste et émouvant hommage au poète jamaïcain, devant les images de Matthieu Verdeil…
Photos : © R. Arnaud
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