AVIGNON OFF : Théâtre au cœur
La Roue de la vie de et par Antonio Interlandi. Théâtre 3S à 15 h 45. Jusqu’au 26 juillet. Tél. : 04 90 88 27 33.
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C’est parfois simple le théâtre. Certes à voir la programmation du festival (In et Off réunis) cette affirmation pourra paraître surprenante. Fort heureusement, au moins un spectacle avalisera mon propos. Il s’agit de La Roue de la vie conçu par Antonio Interlandi et Mathieu El Fassi. Le premier nommé ayant écrit le texte et mis en scène le spectacle qu’il interprète accompagné au piano par le second (en alternance avec Diones Correntino). Récital de chansons brésiliennes de Chico Buarque, Tom Jobin et Severino Araujo ? En soi, déjà une belle promesse, mais La Roue de la vie est bien plus que cela. Antonio Interlandi inclus l’interprétation des chansons choisies dans une belle et très sensible histoire : celle du départ d’un adolescent (celui qu’il fut sans doute) de son pays natal pour la France – à Monaco pour être précis –, sans doute le rêve pour le jeune garçon… sauf que, déjà, la nostalgie de son propre pays l’envahit, le submerge… Fort moment d’émotion alors qu’on lui a remis à l’embarquement une cassette avec les chansons qu’il va se mettre à écouter l’une après l’autre pendant le voyage qui l’éloigne de sa terre d’origine avec ses paysages, ses couleurs, ses senteurs, ses souvenirs. Entre moment de nostalgie, excitation de découvrir le pays qui va l’accueillir, son cœur ne balance pas : il veut tout saisir, s’emplir d’émotion. C’est doux, triste et joyeux tout à la fois. Au rythme des chansons qu’interprète Antonio Interlandi dont on connaissait le talent pour l’avoir déjà apprécié notamment dans une évocation de Pasolini il y a trois ans. Il a, avec ce dernier spectacle, gagné en maîtrise de son art. Sa manière de raconter son pays, de se raconter, dans sa manière d’établir par-delà le temps et l’espace le précieux lien entre le Brésil et la France.
La Roue de la vie : le titre est d’une belle justesse, alors que son apparente simplicité n’est que le masque d’une extrême pudeur.
Un vrai moment de grâce et donc un vrai moment de respiration au cœur du festival.
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